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L’empreinte carbone française/habitant ne bouge pas depuis 15 ans, dopée par les importations. Que l’on regarde l’empreinte carbone ou l’inventaire national, la France reste loin d’être un bon élève dans l’atteinte des objectifs des accords de Paris.

Pas mieux qu’hier

Malgré une préoccupation montante du changement climatique, le score par habitant en CO2eq n’évolue que très peu depuis 15 ans. Ainsi en 1995 l’estimation était de 10,5t/habitant alors que sur la période 2005-2018 elle s’est stabilisée pour atteindre 11,2t.

Empreinte carbone et inventaire national

La différence que l’on peut trouver dans les discours politiques sur les scores peuvent s’expliquer sur l’utilisation du référentiel. L’empreinte carbone prend en compte les GES liés aux importations quand l’inventaire national ne se focalise que sur les GES émis en France.

Importer, c’est lourd

Ces émissions proviennent de la consommation intérieure mais aussi des importations qui atteignent quasiment 50%. Et c’est bien cette dernière qui augmente ces 15 dernières années. Avec une diminution de 25% des émissions liées à la production pour la demande intérieur, le secteur productif français à engager sa transformation. L’importation de produit fini a quant à elle augmenté de 27% et celle de produit intermédiaire de plus de 30% sur cette période. Cette dernière donnée est représentative de la délocalisation des industries hors France.

Un seul objectif

Pour une limitation de l’augmentation de la température à 2°C, le budget par personne sur Terre devrait se limiter entre 1,6 et 2,8°C en considérant l’évolution de la population.

 

La France, bon élève parmi les mauvais

Lorsque l’on regarde à l’échelle mondiale, l’empreinte carbone est la somme des inventaires nationaux divisée par la population. Sur le CO2 d’origine énergétique uniquement, la France avec 6,9t/habitant se place parmi les bons élèves européens (7,8tCO2/habitant). Mais en relation avec un niveau mondial à 4,4t/habitant, la performance est loin d’être aussi bonne.

On fait quoi ?

Pour limiter l’effet des importations dans l’empreinte nationale, on ne perçoit que deux solutions. La première consiste à rapatrier en France les industries que nous “consommons” à l’étranger. Ce qui diminuera à minima les transports de marchandise. Mais attention à l’effet rebond, notamment en lien avec le “Made in France”. La deuxième est plus simplement de cesser de consommer “étranger” en rentrant dans une société de sobriété. Tout un changement culturel!

Les politiques françaises, elles, ont tranchées pour la 1ere solution, mais avec pour motivation première la compétitivité dans l’économie mondiale.

Source: rapport DATALAB 2020

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