Les Néonicotinoïdes sont des pesticides considérés comme des “tueurs d’abeilles”. Bien qu’interdits par l’Union Européenne, ils font l’objet de plusieurs dérogations notamment en France et la Belgique.

Quels risques pour les abeilles et la biodiversité ?

Les néonicotinoïdes sont des pesticides dont la fonction est de tuer les insectes en s’attaquant à leur système nerveux. Ils impactent fortement les populations d’abeilles, entravent leur croissance, diminuent leurs réponses immunitaires et leur reproduction. De plus leur rémanence est forte. Des néonicotinoïdes sont retrouvées dans des plantes sauvages non traitées, des années après leur utilisation.

Pourquoi sont-ils utilisés ?

Les néonicotinoïdes sont interdits en France depuis l’entrée en vigueur de la loi Biodiversité, en 2018. Pour autant, ils ont déjà fait l’objet de deux dérogations en 2021 et 2022. Ces pesticides sont principalement utilisé pour les semences de betteraves sucrières afin de lutter contre la prolifération des pucerons verts. Le Parlement avait autorisé fin 2020 leur dérogation temporaire jusqu’à 2023. Ceci afin de donner le temps à la recherche de mettre au point des produits de remplacement. Un plan national de recherche et d’innovation (PNRI), doté de 20 millions d’euros a été lancé. A ce jour les recherches n’ont pas permis d’identifier de solution de replacement efficaces.

Quelle décision de la Cour de justice européenne ?

Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture s’est prononcé favorablement en décembre dernier pour une nouvelle dérogation en 2023. Depuis, la Cour de Justice de l’Union européenne a rendu sa décision dans un arrêt le 19 janvier 2023. Elle juge illégales les dérogations octroyées aux trois néonicotinoïdes (le thiaméthoxame, l’imidaclopride et le clothianidine) pourtant interdits par l’Union européenne depuis 2018 . Pour Pesticide Action Network Europe (PAN Europe), à l’origine du recours, « Cet arrêt constitue un énorme pas en avant pour la préservation de la biodiversité en Europe. La Cour de justice a clairement établi que les substances interdites au niveau de l’UE pour des raisons sanitaires ou environnementales ne peuvent pas être introduites par la petite porte au niveau des Etats membres, ce qui était devenu une pratique courante. » conclut Antoine Bailleux, l’avocat de l’association.

Quel impact économique ?

La décision d’une nouvelle dérogation a été reportée  au 26 janvier. Elle reste une hypothèse probable. Les producteurs de betteraves mettent la pression car les intérêts économiques sont élevés. En effet, la France le premier producteur de sucre européen. Les producteurs de betteraves redoutent également la concurrence du sucre de canne produit au Brésil, en Thaïlande ou en Inde avec des normes environnementale beaucoup moins contraignantes. 24 000 agriculteurs français pourraient se retrouver en fortes difficultés si la France renonçait à une nouvelle dérogation,

Cette situation illustre bien les difficultés à concilier préservation de la biodiversité sous la pression des intérêts économiques.

 

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Point sur la recherche : quelles solutions alternatives à l’usage des néonicotinoïdes

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