En 2019, la goélette Tara Océan a étudié la pollution liée aux microplastiques provenant de neuf grands fleuves d’Europe. Crédits : (c) Sacha Bollet – Fondation Tara Océan

La pandémie de Covid-19 n’a pas réduit la consommation de plastique, bien au contraire, alors que les solutions existent et qu’il est urgent d’agir.

Une nouvelle pierre dans le jardin d’Amazon

Destruction de l’emploi local, conditions de travail indignes, émissions de gaz à effet de serre, pratiques anticoncurrentielles, évasion fiscale, n’en jetez plus ! L’organisation non-gouvernementale Oceana vient pourtant de publier une étude affirmant que les rejets de plastique d’Amazon ont augmenté de 29 % en 2020. Cela équivaut à verser dans l’Océan un camion de livraison remplit de plastique toutes les 67 minutes.

Si Amazon conteste les chiffres, l’organisation répond qu’elle utiliser les informations disponibles et qu’elle serait prête à utiliser les données d’Amazon, critiquant en cela le manque de transparence du groupe.

Oceana a de plus envoyé de faux acheteurs dans 186 magasins du groupe. Plus de 80 des gérants ont indiqué ignorer que leur magasin était listé comme un site de dépôt pour la collecte et le recyclage de plastique.

Déchets en plastique rejetés sur une plage d’Hawaï, en 2016.

L’arbre qui cache la forêt

Si Amazon n’est pas irréprochable, et que la société pourrait étendre les efforts qu’elle a réalisés en Allemagne ou en Inde, forcée en cela par la législation, la pollution aux microplastiques est un problème de société. Loin de se limiter aux gyres océaniques, familièrement connues sous le nom de “continent de plastique”, ce dernier est omniprésent, de la fosse des Mariannes jusqu’au sommet du Pic du Midi.

Le Pic du Midi, cascade de glace et de plastique. Crédits: N.Bourgeois.

La recherche menée par la Fondation Tara Océans en 2019 a permis de déterminer que 80 % du plastique que l’on retrouve en mer trouve son origine sur Terre. Les causes sont multiples : granulés de plastique entrant dans la composition de nombreux produits de consommation, suremballage, plastiques à usage unique, absence de système de collecte, décharges sauvages, etc.

Les conséquences environnementales et sanitaires sont elles aussi connues : mort et intoxication des animaux marin, transmission le long toute la chaîne alimentaire, jusqu’à l’Homme, modification de la répartition de la faune. L’impact du plastique sur la santé humaine est plus difficile à définir, en raison du caractère multifactoriel de nombreuses maladies. Il est néanmoins souvent cité comme un perturbateur endocrinien.

Pas de pierre philosophale mais un ensemble de solutions

Une étude publiée en juillet 2020 dans la revue Science et intitulée “Breaking the Plastic Wave” affirmait que, si la pollution plastique pourrait tripler d’ici 2040, le déploiement d’un ensemble de stratégies permettrait de la réduire de 80 %.  Les solutions identifiées sont les suivantes : baisse de la consommation de plastique, substitution par d’autres matériaux comme le papier, réutilisation et amélioration de la collecte et du recyclage.

Comme le montre le graphique ci-dessus, une part de la pollution au plastique est incompressible, issue par exemple de l’usure des pneus, pour lesquels il n’existe à ce jour pas de solution alternative. Il est d’autant plus urgent d’agir.

Sources :

https://www.ecowatch.com/amazon-plastic-packaging-2656053414.html

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/23/en-l-absence-de-mesures-ambitieuses-les-rejets-de-plastique-dans-l-environnement-pourraient-tripler-d-ici-a-2040_6047109_3244.html

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