Il est permis de douter que c’est par ces mots qu’Emmanuel Macron, président de la République, accueillera ses hôtes lors du One Ocean Summit, qui se déroulera début février à Brest. C’est pourtant bien un sursaut qui est attendu des dirigeants mondiaux.

Le One Ocean Summit, chant du Cygne des efforts de protection de la Biodiversité marine ?

Le One Ocean Summit est la première d’une longue série d’évènements liés à la biodiversité et qui jalonneront l’année 2022. On peut distinguer la publication de la deuxième partie du sixième rapport du GIEC, la seconde partie de la COP15 au printemps, la Conférence des Nations Unies sur les océans au Portugal et le Sommet de la Terre à Rio au mois de juin.

Les sujets abordés avec la trentaines de chefs d’État et de leaders internationaux attendus seront nombreux. Ils vont du verdissement des ports et du fret maritime à la lutte contre la pollution plastique en passant par l’élévation du niveau de la mer et l’économie bleue. Le sujet majeur sera néanmoins la protection de la haute mer. Celle-ci représente 60 % de la surface des océans mais n’est pas encadrée du point de vue juridique, n’ayant pas été incluse dans la Convention de Montego Bay (1982).

Le cadre relatif aux “Biodiversity areas Beyond National Jurisdiction”, un serpent de mer

Ayant débuté en 2017 après des discussions préparatoires en 2006, les négociations doivent aboutir à la conclusion d’un instrument juridiquement contraignant sur « la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine ». Malgré son nom, le traité ne vise pas seulement à établir des règles de protection des écosystèmes marins mais aussi à ouvrir la voie à l’exploitation des ressources marines.

Ni la pêche, exclue d’emblée du traité, ni l’exploitation des ressources du plancher océaniques (lesquelles dépendent de l’Autorité internationale des fonds marins, AIFM) ne seront négociés. En revanche, il s’agit de se mettre d’accord sur l’exploitation des ressources génétiques marines, c’est-à-dire « tout matériel d’origine végétale, animale, microbienne ou autre dont les propriétés génétiques et biochimiques présentent une valeur effective ou potentielle ».

Les propositions sur la table reflètent la diversité de points de vue. Alors que des industries, comme l’agroalimentaire, la pharmacie et la cosmétique ont fait part de leur intérêt, d’autres mettent en avant la nécessaire protection de la biodiversité, à travers différents instruments, de la création d’aires marines protégées à la reconnaissance de la haute mer comme “patrimoine commun de l’Humanité” en passant par le partage équitable des ressources. Un délicat équilibre devra être trouvé.

Climat, Biodiversité, Désertification, Océan ?

D’autres profitent de cette plateforme pour plaider en faveur d’une meilleure considération de l’Océan dans son ensemble. Ainsi de Maina Sage, Députée de la Polynésie française : “La protection du monde marin est depuis trop longtemps un défi sous-estimé pour la stabilité, la sécurité du monde”. 

Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes, abonde en ce sens et propose quand à lui que le concept de bien commun s’applique à la haute mer et à l’Antarctique et que l’Océan bénéficie d’une COP spécifique, à l’instar du climat, de la biodiversité et de la désertification.

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/pfue-one-ocean-summit-sommet-de-la-terre-cop15-biodiversite-cop27-climat-affaire-du-siecle-2022-s-annonce-chargee-150435.html

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/24/haute-mer-les-deputes-se-mobilisent-pour-un-accord-le-plus-ambitieux-possible_6103469_3244.html

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