A gauche, la photo en 1972, à droite, la photo en 2015. © NASA FILES / NASA / AFP et AFP PHOTO / HANDOUT / NASA

Toute vie sur Terre, et la civilisation humaine, sont soutenues par des systèmes biogéochimiques vitaux, qui sont en équilibre délicat. Cependant, notre espèce, en grande partie en raison de la croissance démographique rapide et de la consommation explosive, déstabilise ces processus terrestres, mettant en danger la stabilité de “l’espace d’exploitation sûr pour l’humanité”.

Au cours des deux derniers siècles, l’humanité a considérablement augmenté les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, nous poussant hors de cette zone climatique « sûre » ; en dehors des conditions pour lesquelles la civilisation a été conçue.

Malheureusement pour nous, le changement climatique ne représente qu’une des neuf limites planétaires critiques, que les actions imprudentes de notre espèce risquent de déstabiliser et de dépasser dangereusement.

Au cours des années 2000, Johan Rockström, directeur fondateur du Stockholm Resilience Centre en Suède, a réuni une équipe internationale et pluridisciplinaire de scientifiques pour s’unir derrière un seul objectif : définir les limites d’un « espace de fonctionnement sûr pour l’humanité » sur Terre. Ils se sont demandés : quelles sont les limites de fonctionnement sûres de notre planète et quels changements pouvons-nous lui imposer avant de déclencher des dommages environnementaux rapides et catastrophiques ?

Les chercheurs ont ensuite estimé une limite à la quantité d’activités humaines pouvant exploiter et modifier chacun de ces processus avant que le système mondial ne franchisse un point de basculement, un seuil au-delà duquel nous risquons d’envoyer la Terre dans un état qui n’a pas été connu depuis l’intégralité de l’existence humaine, apportant des changements extrêmes qui pourraient écraser la civilisation et mettre l’humanité en danger.

En réalité, transgresser une frontière augmente le risque que les activités humaines conduisent par inadvertance le système terrestre dans un état beaucoup moins hospitalier, nuisant aux efforts de réduction de la pauvreté et entraînant une détérioration du bien-être humain dans de nombreuses régions du monde, y compris les pays riches.

Ces neuf processus qui, ensemble, régulent la stabilité de la planète sont les suivants : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, les perturbations globales du cycle de l’azote et du phosphore, le changement d’usage des sols, l’acidification des océans, la destruction de la couche d’ozone, les aérosols atmosphériques, l’usage de l’eau douce et la pollution chimique.

Source : Stockholm Resilience Center, jan. 2022
Traduction : Sydney Thomas pour Bon Pote

Jusqu’à présent, 4 limites planétaires avaient été franchies. Il s’agit de celles du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité, des perturbations globales du cycle de l’azote et du phosphore, de l’usage des sols et la dernière en date.

Malheureusement, hier, l’humanité a franchi officiellement la cinquième limite planétaire ; celle de la pollution chimique.

En effet, l’augmentation continue de la production chimique a provoqué le dépassement de ce seuil, estime un groupe de scientifiques dans une étude publiée mardi 18 janvier dans la revue scientifique Environmental Science and Technology.

Ces scientifiques soulignent que la production chimique mondiale a été multipliée par 50 depuis 1950 et devrait encore tripler d’ici 2050. La production de plastique à elle seule a augmenté de 79 % entre 2000 et 2015, note l’étude.

Par le fait, les échanges sur le marché mondial comprennent environ 350 000 types différents de produits chimiques manufacturés ou « nouvelles entités ». Ceux-ci incluent les pesticides (pour protéger les cultures), les antibiotiques (pour prévenir les maladies chez les animaux tels que les vaches, les porcs, les poulets ou les poissons), le plastique (pour se déplacer… pratiquement tout) et les produits chimiques industriels (principalement utilisés dans les industries minières ou pharmaceutiques). Ces « nouvelles entités » ont été et sont créées par des activités humaines avec des effets pour la plupart inconnus sur les écosystèmes de la Terre depuis jusqu’à présent.

On ne pourra donc aucunement nier qu’alors que 5 limites planétaires sur 9 sont maintenant compromises, la situation environnementale semble terriblement mauvaise en ce moment.

Combien donc d’appels, d’alertes scientifiques, de films, ou de grèves faudra-t-il pour que le sujet soit valorisé ?

Dans un monde idéal où nous prendrions le déclin de la biodiversité au sérieux, cette alerte aurait fait la une de tous les journaux. Malheureusement, il y a toujours plus urgent, plus pertinent et plus rentable que le climat, que notre planète.

 

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