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Nous arrivons au terme de cette suite d’articles sur les priorités à identifier pour réduire son empreinte carbone. Nous avons vu comment décarboner sa mobilité, son logement, son alimentation ainsi que son comportement numérique. Ces sujets étaient primordiaux, dans la mesure où ils constituent les postes d’émissions principaux de CO2 en France.

Cependant, il reste une action à considérer, qui peut être plus difficile à mesurer et plus diffuse, mais tout aussi efficace : diffuser autour de soi. 

Continuer perpétuellement de se renseigner et de parler d’écologie dans son entourage, plus ou moins proche, est crucial. C’est de cette façon que l’on arrive à mobiliser plus de monde et à démultiplier son impact. L’enjeu est de taille : selon Carbone 4, les écogestes individuels au quotidien permettraient de réduire l’empreinte des Français de 2,8 tonnes de CO2 équivalent par an, soit environ 25% de l’empreinte totale.

Une population de plus en plus alerte ?

Les individus semblent de plus en plus conscients de l’enjeu écologique et des trajectoires que prend le monde actuellement. Ceci s’explique par une intensification de la communication à ce sujet, et de son passage d’information détenue par les experts et professionnels uniquement, à réel récit médiatique. Je pense notamment au rapport du GIEC 2021 et au film Don’t Look Up (dont voici une analyse faite par une de mes collègues) sortis tous deux cette année, ayant été largement diffusés et relayés par un grand nombre de médias.

Si l’on revient un peu en arrière cependant, on peut observer, grâce à la publication d’avril 2018 du Commissariat général au développement durable, le fait suivant : la population se disait déjà alerte en 2011. En effet, dans ce rapport, on trouve les éléments suivants :

  • 96% des européens déclaraient que la protection de l’environnement constituait un enjeu important ;
  • plus de 80% s’en sentaient personnellement responsables ;
  • et les trois quart d’entre eux se disaient prêts à agir.

En considérant que, comme indiqué dans l’étude, « la sensibilité écologique des Français est proche, voire légèrement supérieure à la moyenne européenne citée plus haut », on imagine le nombre de personnes en France se disant alertes sur le sujet en 2011.

L’importance de la sensibilisation autour de soi

Pourtant, la suite de la publication évoque une traduction de cet état d’alerte en action beaucoup plus faible. Et cela ce remarque aujourd’hui beaucoup au niveau des jeunes.

On parle des jeunes comme faisant partie de la nouvelle génération qui va se soulever et « sauver la planète ». Mais, déjà, nul besoin de “sauver la planète”, il faut nous sauver nous-même, et ces marches pour le climat n’ont pour l’instant pas de retentissement très conséquent. Loin de moi l’idée de dénigrer ces initiatives, mais elles sont malheureusement confrontées aux contradiction de cette génération et à son hétérogénéité. Aujourd’hui, les jeunes sont globalement anxieux au sujet de la situation du monde et de leur avenir, mais, malgré leurs efforts dans certains domaines, ils conservent en revanche des comportements encore très consuméristes, comme en témoigne cette étude.

Alors oui, la mobilisation citoyenne des jeunes permet de mettre la pression sur les autorités et d’informer les projets locaux, mais ce sont des négociations ponctuelles, rien de très systémique pour l’instant. D’où l’intérêt de continuer à enfoncer le clou, et à sensibiliser autour de soi !

Sensibiliser : oui, mais comment ?

Idée n°1 : Parler autour de soi

Discuter d’articles lus, de connaissances accumulées, et conseiller des livres ou films qui ont marqué son esprit ; c’est ce que je fais actuellement avec vous en ce moment-même, et également au sein de ma famille lorsque je trouve du temps. Ce n’est pas un travail aisé, surtout si son entourage n’est pas très au fait de ces problématiques à l’origine. Cependant, ça en vaut la peine ! Il faut prendre votre mal en patience et vous montrer pédagogue.

Cette démarche présente à mon sens plusieurs avantages : une meilleure compréhension des informations pour vous, car expliquer à d’autres suppose d’avoir les idées claires et bien construites, un gain personnel au sujet de la communication et de la posture de formateur, et des conversations très enrichissantes avec votre entourage ! Attention cependant à la posture moralisatrice : en plus d’être peu adaptée pour garder de bonnes relations avec son entourage, elle est également très inefficace ! Attention également à relayer des informations pertinentes et à vous assurer que vous les aillez bien comprises, histoire de ne pas diffuser d’informations inexactes, ou pire, de fake news.

Idée n°2 : Utiliser les réseaux sociaux

Vous pouvez également faire de même sur les réseaux sociaux. Les techniques de communication ne sont pas exactement les mêmes, comme le public est différent, moins proche de vous. Mais l’enjeu est intéressant, les nouvelles circulent rapidement et l’impact peut être important.

Idée n°3 : Rejoindre des associations

Il est finalement possible pour vous de vous former pour organiser des événements plus formels. Je pense à des associations mettant à disposition des kits de sensibilisation destinées à aider la diffusion de l’information autour de soi, et à faciliter le passage à l’acte. Parmi ces associations, la Fresque du Climat vous permet de vous former à l’animation de l’un de leurs ateliers, et les Shifters, association adossée au Shift Project vous offre notamment la possibilité d’animer des conférences avec leurs supports. N’hésitez pas à les rejoindre !

Être exigeants envers les politiques et entreprises

Stop au triangle de l’inaction !

Si j’ai évoqué précédemment que Carbone 4 estimait que 25 % de l’empreinte totale actuelle pouvait disparaître avec des comportements « héroïques », ceci laisserait supposer un fait terrible. Celui que nous ne pouvons réellement agir que sur une petite partie du problème, et que 75 autres pour-cent sont hors de notre contrôle. 

Mais c’est faux ! Si cette marge de manoeuvre n’est pas liée directement aux citoyens, elle est en revanche entre les mains des Etats ainsi que des entreprises, que nous élisons et à qui nous donnons notre argent ! En tant que citoyens, nous sommes en droit d’exiger d’eux qu’ils prennent soin de notre avenir, et fassent les bons choix.

Mais il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils les fassent d’eux-même, sans expression préalable de nos exigences. En tant que réelle partie prenante du triangle de l’inaction (lien), nous avons notre rôle à jouer ! Et ça, certains l’ont compris : derrière Greta Thunberg et d’autres figures emblématiques du mouvement écologiste, de nombreux citoyens remontent leurs manches et se mobilisent pour le bien de cette cause qu’ils jugent juste. Ils demandent des comptes aux Etats, ils remettent en cause le greenwashing des entreprises. 

Présidentielle 2020 : exiger du changement

Dans les faits, de la sensibilisation est faite, mais tout le poids est encore mis sur le consommateur, et trop peu de restrictions sont appliquées sur les entreprises. De plus, si l’Etat français met en place des lois destinées à imposer à tous des changements de comportement, comme la loi anti-gaspillage (2020) ou la loi climat résilience (2021), les choses ne vont pas assez vite !

Beaucoup s’indignent de l’absence de prise en considération des enjeux écologiques dans la campagne présidentielle de 2022, alors qu’il s’agit d’un des sujets les plus importants des prochaines années et décennies !

Je vous encourage à regarder ces élections avec plus d’attention au sujet de l’environnement. Regardez bien les candidats et leurs programmes, et faites les bons choix, ceux qui prendrons réellement soin de vous et de vos enfants sur le long terme.

 

Jade SURDEAU

MS Acteur Pour la Transition Énergétique, Audencia BS

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