L’écologie est une science nouvelle et peu connue du grand public. L’amalgame entre faits et opinion est important, provenant principalement de la confusion entre écologie scientifique et écologie politique.

Avant toute considération politique, l’écologie est une discipline scientifique. Une différence parfois peu mise en avant, qui tend à nous faire percevoir les résultats présentés par les scientifiques comme des prises de position idéologiques.

L’écologie est la science qui étudie les interactions des organismes entre eux, avec leur environnement, et les conséquences de ces interactions sur leur écosystème. À la frontière avec la biologie d’un côté, et les sciences de la Terre de l’autre, l’écologie permet de contextualiser la vie des organismes et leur rapport avec leur environnement physico-chimique : température, acidité, cycles de l’azote et du phosphore… ces caractéristiques sont à l’origine des questions auxquelles l’écologie tente de trouver des éléments de réponse. Notamment, la population des espèces, l’évolution des écosystèmes, des paysages, voire de la biosphère, sont étudiés, et les résultats rigoureusement critiqués par la communauté scientifique.
De nos jours, le terme “écologie” (issu du grec οἶκος / oîkos (« maison, habitat ») et λόγος / lógos (« discours ») : la “science de l’habitat”) résonne immédiatement avec la crise climatique provoquée par l’activité humaine à l’échelle de la Terre. Disparition des espèces, déstabilisation du climat, limites planétaires, l’écologie est la science qui nous permet de diagnostiquer notre impact direct et indirect sur la Terre, et ainsi nous faire prendre conscience que notre mode de vie n’est pérenne ni pour nous, ni pour notre environnement.

La méconnaissance de cette discipline a plusieurs origines. D’une part, sa complexité. Comme précisé précédemment, l’écologie s’applique à des échelles diverses et fait appel à des mécanismes très spécifiques. D’une manière générale, l’étude de systèmes si complexes nécessite des modèles, des expériences et des observations, cette diversité de méthodes compliquant encore un peu plus les conclusions et les hypothèses qui y sont associées.
D’autre part, et au-delà de cet aspect technique, l’écologie est une science “jeune”, développée après la seconde guerre mondiale, en parallèle de l’émergence du mouvement écologiste politique moderne. Le terme “écologue”, le spécialiste de l’écologie, est d’ailleurs apparu dans les années 80 afin de distinguer scientifiques et militants politiques, le terme “écologiste” pouvant en France désigner les deux. Un détail sémantique à l’origine d’un amalgame entre science et politique chez bon nombre de citoyens, de politiques et de médias. Dès lors, il n’est pas étonnant de voir des résultats scientifiques concrets être perçus comme des opinions. À l’inverse, nombreux sont les défenseurs de l’environnement à s’exprimer sans compétences en écologie scientifique.

Au final, si la mise de l’écologie sur le devant de la scène politique est une bonne chose, cette confusion a également pour effet de décrédibiliser la recherche face à des politiques déjà peu soucieux d’agir rapidement contre la crise climatique.
Sources :
France Culture – Du scientifique au citoyen : la fabrique du mot “écologiste”
Le Monde – L’écologie est avant tout une science, pas un mouvement politique
Wikipédia – Écologie
Image article : CHUTTERSNAP pour Unsplash

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