Ah le papier, symbole de la connaissance depuis la nuit des temps, porteur du savoir, de l’histoire et destructeur de la planète… Une minute, quoi ?

L’article que nous vous proposons de consulter aujourd’hui propose des points de vue intéressants sur les impacts de l’industrie du papier, et présente ce qui est aujourd’hui une industrie en déclin, mais malgré tout bonne élève en matière de recyclage.

Ce que l’on entend et ce que l’on sait

Le papier a en effet été victime de beaucoup d’accusations et de critiques visant sa production. Pollution des eaux, des sols et de l’air, déforestation, gaspillage des ressources naturelles, coûts énergétiques excessifs, etc. Ces critiques sont-elles justifiées, et doivent-elles être au centre de notre attention ? A priori, c’est plutôt oui, de la production de pâte à papier de manière chimique (soude ou sulfite), avec blanchiment au chlore résulte une forte pollution de l’eau. C’est également un procédé qui a un rendement d’environ 50% et demande donc beaucoup d’énergie à produire, la source étant bien entendu les arbres, la question de la déforestation est donc bien légitime.

Pourtant aujourd’hui, dans le monde, 52% du papier/carton est recyclé et permet d’éviter de tels procédés chimiques (en Europe 70%), 32% du papier étant encore issu de pâte chimique, et le reste étant réparti dans d’autres procédés de fabrication destinés à des usages spécifiques. Les industriels papetiers se défendent toutefois en avançant dans un rapport de 2011 que, depuis 1990 ils ont réduit de 14 % leur consommation énergétique, de 86 % leurs émissions de SO2 et de 95 % celles d’AOx (Composés halogénés adsorbables), qu’ils régénèrent 94 % de l’eau qu’ils utilisent, que 90 % de leurs usines ont obtenu une certification environnementale. Formidable ! N’est-ce pas ?

Alors, papier ou email ?

Il est certain que comme beaucoup d’industries en déclin, la papeterie tâche de se défendre, malgré la montée incessante du modèle numérique. Leurs actions portent un réel intérêt pour la protection de l’environnement, et des émissions de CO2.

Ouvrons maintenant la question à une perspective de plus large envergure. Le papier, c’est propre aujourd’hui, c’est recyclé, c’est biodégradable, c’est neutre en carbone, oui mais :

  • Les arbres sont des puits de carbone, mais reste tout de même a prouver que l’énergie nécessaire pour extraire toute la pâte à papier d’un arbre est inférieure ou égale à la séquestration du CO2 au cours de la vie de ce dernier.
  • L’utilisation du papier en lui-même constitue des émissions de CO2 derrière toute les logistiques qui interviennent post production : acheminement, distribution, impression, fabrication de l’encre et des imprimantes, etc. Le papier est comme le tronc d’un arbre aux nombreuses branches qu’il ne faut pas sous-estimer en termes d’émissions de CO2 et avec leurs propres problématiques de gestion des ressources.

En fin de compte, c’est comme pour tout, il peut y avoir des bons ou des mauvais côtés, mais aujourd’hui on penchera tout de même vers le numérique pour nos échanges et transferts de documents. Et pour aller plus loin, n’oubliez pas : un mail inutile, c’est pour la corbeille, et mieux vaut un bon vieux disque dur externe qu’un cloud qui chauffe pour la facture de votre ancienne voiture que vous gardez au cas où !

 

Maxence GRILLET

maxence.grillet@audencia.com

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