L’eau est de plus en plus rare dans le désert du Sahara alors que c’est le bien le plus précieux sans lequel point de vie. Les nomades tels que les Touaregs sont obligés de faire plusieurs kilomètres pour la trouver. Le plus souvent c’est au fond des puits à grands diamètres et assez profonds qu’ils la cherchent.

Les nomades Touaregs du Sahara ont comme activités principales la recherche de pâturages pour leurs troupeaux qui constituent leur seul moyen de subsistance et la recherche quotidienne de l’eau est toujours une priorité d’urgence capitale. Pendant neuf mois de l’année, ils doivent trouver, là où se trouvent les rares puits pour satisfaire leur besoin vital, l’eau. Certains puits du Sahara font plus de 100 mètres de profondeur et les bergers doivent utiliser plusieurs de leurs animaux en même temps pour y extraire leur or bleu afin d’alimenter leurs animaux et pour leurs besoins domestiques. Pour transporter cette précieuse denrée, ils utilisent des chameaux (dromadaires car ils n’ont qu’une seule bosse) ou des ânes. Ils parcourent en moyenne une quinzaine de kilomètres qui séparent les campements des puits de façon quotidienne. Les jeunes garçons sont mobilisés pour s’occuper des troupeaux familiaux afin de les paître et de les abreuver, les jeunes filles quand à elles assurent la corvée de l’approvisionnement du campement en eau. Ces deux activités empêchent malheureusement aux jeunes d’aller à l’école. Les parents disent toujours qu’ils n’ont pas le choix et que sans leur jeune progéniture ils ne pourront pas survivre dans le désert, la terre de leurs ancêtres et qu’ils ont le devoir de perpétuer la tradition dans laquelle ils sont nés.

Avec les sécheresses répétitives de ces dernières années, conséquence du réchauffement climatique, les puits traditionnels ont de plus de plus taris obligeant les pasteurs nomades à l’exode contraint. Ils se retrouvent malheureusement aux abords des agglomérations urbaines voire en réfugiés climatiques dans les pays voisins ou même lointains.

Le campement de Assarid, un des chefs de fraction (environ cinq cent personnes), a décidé de résister pour continuer d’exister avec les siens sur leur terre natale. Il a trouvé refuge autour d’une mare saisonnière appelée Ag-Infananagh. Deux de ses enfants, ont tout de même quitté le campement pour aller à l’école en franchissant difficilement tous les nombreux obstacles jusqu’à l’Université. L’aîné qui s’est retrouver en France pour poursuivre ses études, a pu mobiliser des associations humanitaires pour venir en aide au campement de Assarid. C’est ainsi que Ag-Infananagh a bénéficié d’un forage équipé de panneaux solaires photovoltaïques, “un ballon d’oxygène” pour tous.

Le dicton touareg qui dit “amane-imane” qui veut dire l’eau c’est la vie prend ainsi tout son sens. Ici ce n’est pas une transition énergétique mais bien un progrès humain et technologique qui sauve des vies et des cultures et traditions ancestrales d’une disparition que l’humanité regrettera un jour. Aujourd’hui Ag-Infananagh est devenu un village avec des semi-nomades disposant d’un réseau d’adduction d’eau potable. Les frères Assarid (les fils de Assarid) avec l’appui de leurs amis, y ont fait construire une école avec sont jardin maraîcher et son terrain de sport “à grand diamètre” et un dispensaire pour les soins et les maternités du village et environnant. Ainsi va la vie de Ag-Infananagh.

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