Le réchauffement climatique a des conséquences importantes sur le niveau des nappes phréatiques en France. Les nappes phréatiques sont des réserves d’eau souterraine qui alimentent les rivières, les lacs et les cours d’eau. En France, parmi d’autres, elles sont de plus en plus menacées par le réchauffement climatique qui entraine notamment un déficit de pluie et une augmentation de la température.

Après la sécheresse exceptionnelle de l’an dernier [1], les nappes se trouvent à des niveaux « préoccupants » dans une grande partie de la France, alerte le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) qui se dit « assez pessimiste » sur la disponibilité de l’eau en 2023 [2].

D’après le communiqué de presse datant du premier janvier 2023 du BRGM, près des trois quarts de nappes demeurent sous les normales mensuelles [3].

Carte de France de la situation des nappes au 1er Janvier 2023 (Source : BRGM)

 

Sècheresse des sols : un problème pour la pénétration des pluies

La végétation était encore très active fin octobre 2022 en raison de température anormalement élevé par rapport aux moyennes de saisons. Par conséquent, les premières pluies de novembre ont nourri les plantes au lieu des nappes phréatiques. Il a également fallu humidifier le sol très sec, résultat d’une année 2022 qui figure comme la plus chaude jamais enregistré en France [6]. Ce processus d’humidification a donc absorbé une partie de l’eau des pluies et n’a donc pas pu atteindre le niveau des différentes nappes phréatiques [1].

De plus, lors des épisodes de précipitations intenses, l’eau à directement rejoint les cours d’eau, les rivières puis la mer. En effet, l’infiltration de l’eau est plus difficile dans les sols très secs, plutôt que dans les sols déjà légèrement humides.

Niveau des nappes : un problème saisonnier

Dans l’ensemble, le niveau bas des nappes phréatiques n’est pas un problème en cette période hivernale. La végétation est en sommeil, l’agriculture n’a pas besoin d’eau et il reste de quoi alimenter les réseaux d’eau potable en cas de besoin [4]. D’autant plus que ce n’est pas la période de l’arrosage effréné des pelouses et le remplissage des piscines.

C’est au retour des saisons chaudes que cela risque de poser des problèmes si la recharge n’a pas été bonne d’ici là, c’est-à-dire si il n’y a pas assez de dépression permettant d’apporter de la pluie. D’autant plus, que chaque été va nous donner l’opportunité de battre les records précédents. Cela signifie moins d’eau pour l’agriculture, certaines régions risquent de subir des tensions mais il y aura également moins d’eau pour la végétation.

Recharge artificielle des eaux souterraines

Alors que les sécheresses devraient augmenter en raison du changement climatique, les experts du BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières) travaillent à l’amélioration des systèmes de gestion des eaux souterraines. La majeure partie de la pluie n’arrivant jamais dans les nappes (expliqué précédemment), les experts travaillent notamment sur la « recharge artificielle » des nappes. Méthode d’injection d’eau de surface ou d’eau de pluie directement dans le sous-sol pendant les saisons favorables [5] .

Schéma présentant quelques modes de recharge artificielle dans différents environnements hydrogéologiques (Source : SIGES)

 

Il faut donc, dès à présent, imaginer et de modéliser ce qui nous attends demain afin de limiter au mieux les risques de manque de cette précieuse ressources qu’est l’eau. Faisons-nous vraiment le maximum en ce sens ?

 

Sources :

[1] 2022 : les bilans climatiques | Météo-France (meteofrance.fr)

[2] Niveau « préoccupant » des nappes phréatiques : vers une pénurie d’eau encore pire en 2023 ? – Geo.fr

[3] Nappes d’eau souterraine au 1er janvier 2023 | BRGM

[4] Propluvia – Accueil (developpement-durable.gouv.fr)

[5] La recharge artificielle des nappes – SIGES Seine-Normandie – ©2023 (brgm.fr)

[6] 2022, année la plus chaude en France | Météo-France (meteofrance.com)

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