Massive Attack, Coldplay, Tryo… nombreux sont les artistes qui ont pris position en faveur du climat. Focus sur les impacts de l’industrie de la musique.

 

D’après le « Guide de la Communication Responsable » publié par l’Ademe en 2020, une manifestation rassemblant 1 000 personnes consomme en moyenne 100 kg de papier, 30 000 litres d’eau, 200 kWh d’énergie et crée 500 kg de déchets. Imaginez ces chiffres rapportés à On the Run II Tour, la dernière tournée de Beyonce (artiste féminine la plus récompensée au monde), qui a cumulé 49 dates et plus de 2 millions de spectateurs…

Jay-Z and Beyoncé's On the Run Tour II Outfits | InStyle.com

Un milieu encore imperméable à la problématique énergie-climat

 

La culture (et plus particulièrement les spectacles musicaux) est un secteur en croissance continue depuis dix ans : le nombre de lieux accueillant des spectacles de variétés a presque doublé en dix ans et leur fréquentation a progressé de 69%, d’après le Ministère de la Culture.

Cependant, elle reste un secteur peu mentionné lorsqu’il s’agit d’aborder la problématique énergie-climat. En effet, l’accent est surtout mis sur l’agriculture, l’industrie, l’énergie ou encore le transport, ce qui n’aide pas les professionnels de la culture à se sentir concernés.

Pourtant, il suffit d’un rapide coup d’œil pour se rendre compte que les déplacements (des artistes et des spectateurs), les impressions de partitions ou encore l’énergie utilisée pour chauffer et éclairer peuvent vite coûter cher en terme d’émission. Et heureusement, mettre l’accent sur l’atténuation des effets environnementaux négatifs est devenu un fil rouge pour de plus en plus d’événements : des concepts de tournées vertes éclosent, comme La Tournée Verte du groupe Les Pieds S’Entêtent, des festivals endossent un rôle de porte-paroles comme We Love Green et des groupes de musique annoncent clairement leurs intentions en faveur de l’environnement, comme Coldplay ou encore Massive Attack.

La difficulté à mesurer ces impacts

 

Il est difficile de percevoir comment un “simple” concert peut impacter l’environnement. Pourtant, on estime que 75% des émissions de l’industrie de la musique viennent des performances live. Mais il est intéressant de se demander ce que prend en compte ce chiffre.  Quel périmètre est traité : le déplacement ? la fabrication du matériel (instruments de musiques, enceintes…) ? Quand s’arrête véritablement le périmètre d’impacts de la tournée ?

Ainsi, la problématique d’exactitude des données et des méthodes se pose rapidement. Cela a pour conséquence de faire varier les stratégies eco-friendly d’un évènement à l’autre, cela étant dû au manque d’indicateurs universels.

Ces stratégies peuvent s’appuyer sur différentes méthodes :

  • l’ACV (Analyse de Cycle de Vie). Cet article explique rapidement pourquoi cette méthode peut vite devenir complexe ;
  • l’empreinte écologique, qui permet de mesurer la pression qu’exerce l’homme sur la nature ;
  • la labellisation ISO 20121 (parmi d’autres) ;
  • le Bilan Carbone, outil de diagnostic développé par l’Ademe pour comprendre et analyser l’activité des particuliers, des entreprises, des collectivités et des administrations en termes d’émissions directes et indirectes de GES.

Ces outils ne donnent pas de conseils sur comment réduire les impacts. En revanche ils mettent en avant les catégories dans lesquelles ceux-ci sont les plus importants, ce qui constitue la première étape dans l’établissement d’une stratégie durable. Mais suivant la méthode choisie, les scopes considérés dans l’étude varient. Alors quelle est la meilleure solution ?

 

Du coup ?

 

De nombreux progrès restent à faire pour mettre en place des solutions concrètes et des indicateurs communs pour tous. Surtout que les artistes ont la capacité à attirer l’attention de leurs fans sur ces questions d’une manière plus fun, créative et accessible : le rayonnement de ces actions n’est pas négligeable. Il faut miser dessus !

 

 

Sources :

Ademe – Guide de la communication responsable, 2020

Chiffres On the Run II Tour

Shift Project – Décarbonons la culture !, 2021

Ministère de la culture – Chiffres clés – Statistiques de la culture et de la communication, 2020

 

Emilie Baës

Mastère Spécialisé Acteur Pour la Transition Energétique (MS APTE)

emilie.baes@audencia.com

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