Les terres rares deviennent de plus en plus indispensable dans notre société. La Chine, qui détient la plupart des sites de production, est devenue un acteur incontournable sur la scène internationale. Les Etats occidentaux cherchent donc à réduire leur dépendance vis à vis d’elle, tandis que celle-ci cherche à accroître son monopole sur les terres rares.

 

Les terres rares ne sont pas si rares. En effet elles sont disponibles sur l’ensemble du globe dans des concentrations plus ou moins élevées. Nécessaires pour la transition énergétique et numérique, les produire permet de bénéficier d’un atout considérable sur la scène internationale. Cependant l’extraction et le raffinage de ces minerais s’accompagnent d’un coût environnemental et social conséquent.

Quel pays sort son épingle du jeu ?

Où se trouvent les mines ?

Avant 1965, les gisements étaient répartis dans de nombreux pays à travers le globe. Entre 1965 et 1985 les Etats Unis prennent le leadership de cette activité. Seulement dans les années 80, plusieurs voix s’élèvent contre les industries minières dont l’activité cause de nombreux dégâts écologiques. Cela provoque la fermeture de plusieurs sites de production en Occident et aux Etats Unis notamment.

La Chine, elle, cherche à se développer économiquement sans préoccupation environnementale. Elle casse donc les coûts de production de terres rares et devient au fil des années un acteur prépondérant de l’industrie minière. En effet en 2019, la production de terres rares chinoise représente 62% de la part mondiale. Les deuxièmes et troisièmes producteurs sont bien loin derrière et représentent seulement 12% (Etats Unis) et 10,3% (Myanmar) de la part mondiale.

                                                                          Source : https://www.ifpenergiesnouvelles.fr

 

La Chine domine le secteur de séparation de terres rares mais aussi celui de production de produits intermédiaires. De plus elle détient les réserves mondiales les plus importantes. Mais que lui apporte ce monopole ?

Les atouts du monopole de la Chine

Depuis de nombreuses années le Japon et la Chine se disputent les îles Senkaku qui contiennent dans leurs sous sol des hydrocarbures. En septembre 2010, l’arrestation par les Japonais du capitaine chinois d’un chalutier près de ces îles met le feu au poudre. La Chine décide donc d’appliquer un embargo contre le Japon et ainsi faire basculer le rapport de force géopolitique en sa faveur. Le Japon, où le numérique a une place importante dans sa société, fait donc face à une pénurie de terres rares.

Depuis il n’y a pas eu d’autres embargos de la part de la Chine contre d’autres pays mais des quotas sont souvent appliqués. La dépendance du monde à la Chine est ainsi visible. Et pour s’extraire de cette dépendance certains pays vont chercher à diversifier leurs sources d’approvisionnement en terres rares. Les Etats Unis, l’Australie et le Canada par exemple relancent ainsi leurs productions. Entre 2010 et 2019, la Chine passe ainsi de 97% de part de production mondiale de terres rares à 62%.

Un nouveau leader

Pour rester le premier producteur mondial, la Chine souhaite créer un nouveau géant des terres rares . Fin décembre 2021, plusieurs acteurs du secteur minier tels que China Minemetals Corp, Chinalco et Ganzhou Rare Earth Group fusionnent pour créer China Rare Earth Group, dont l’ambition est de devenir incontournable sur la scène internationale.

Cette entreprise sous le contrôle de l’état chinois a pour objectif de mieux gérer ces exportations, d’améliorer les conditions de production et ainsi de mieux contrôler la fixation des prix. La Chine consolide ainsi sa place de leader.

 

Comment la France, l’Europe et plus largement le monde peuvent-ils prendre leur indépendance ?Est-ce d’ailleurs possible ?  Est ce que l’ouverture de mines au sein de leurs territoires, le recyclage de terres rares sont des solutions viables ? Cette dépendance sera-t-elle un frein à la transition énergétique ?

Solenne Sans

Etudiante au sein du mastère spécialisé acteur pour la transition énergétique

 

Sources : 

IFP Energies Nouvelles 

Usine Nouvelle 

La guerre des métaux rares – Guillaume Pitron

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