Pour continuer la discussion sur ce sujet, cette publication concerne deux points:  la consommation et le prix de la ressource pétrolière.

1/ La consommation mondiale du pétrole

Tout d’abord, on constate que la consommation de pétrole n’a jamais cessé d’augmenter d’un point de vue global au cours de ces 60 dernières années.

Ainsi, en 2017, le monde consommait 97,4 millions de barils (= 15,5 milliards de litres) par jour, soit 179 000 litres chaque seconde.
Lorsqu’on analyse les données de BP review, voici le tableau que l’on obtient :

Sans surprise, les Etats-Unis sont les plus gros consommateurs de pétrole avec plus de 20% de la consommation mondiale. Viennent ensuite l’Inde et la Chine mais compte tenu de la population importante dans chacun de ces deux pays, il est peut-être plus intéressant de comparer le pétrole consommé par habitant.

Ainsi, on constate ainsi que la consommation de la Chine et l’Inde, compte tenu de son nombre d’habitants, n’est pas si énorme. En revanche, la consommation des Etats-Unis reste grande avec 25 barils de pétrole par habitant et par an. Maintenant que nous avons fait l’état des lieux des réserves et de la consommation de pétrole dans le monde, lançons-nous dans une analyse approfondie du prix de cette ressource tant convoitée.

2/ Le prix pétrole

On entend toujours que le prix du pétrole ne cesse d’augmenter mais est-ce que ces dires sont bien fondés. Si l’on regarde ce qui est payé avec la monnaie courante (= monnaie de l’époque), l’affirmation précédente est effectivement vraie. On constate sur le graphe qui suit que le prix du barils atteint en effet des sommets.

Néanmoins, la valeur du dollar a bien changé au cours des années, il est alors plus probant d’analyser le cours du pétrole avec la monnaie constante. Cela permet de prendre en compte l’inflation : pour simplifier, un dollar d’aujourd’hui n’a pas même qu’un dollar d’il y a 50 ans. On obtient alors un graphe bien différent du précédent.

On remarque alors que le pic du prix du pétrole atteint en 2008 n’était pas une première dans l’histoire. Il avait été atteint (en monnaie constante) à deux reprises en 1873 et en 1979.
On peut encore aller plus loin en s’intéressant au prix du pétrole rapporté au pouvoir d’achat de la population (française dans notre cas). Le pouvoir d’achat peut se représenter comme le temps qu’il faut travailler pour pouvoir s’acheter un bien, ici de l’énergie. Ainsi, en traçant le pourcentage du pouvoir d’achat (on utilise le PIB par habitant pour simplifier) dédié aux dépenses en énergie, on obtient une idée du temps consacré par les ménages pour subvenir à leur besoin en énergie.

Ce graphe nous fait alors relativiser la crise ayant eu lieu en 2008. En effet, on remarque que le pétrole représentait 2,2% de notre pouvoir d’achat en 2008 alors qu’il représentait 3,3% en 1979. De même, les conséquences de la crise pétrolière de 1979 sont à nuancer car en 1986 (6 ans après la crise), le prix du pétrole était revenu aux valeurs basses qu’il était avant le choc pétrolier (terme que nous définirons plus tard).
Ainsi, si l’on s’intéresse à la consommation et aux dépenses des ménages pour l’énergie, on arrive à la conclusion suivante : la consommation en énergie a augmenté de 20 à 30% depuis les années 70 mais comme le budget des ménages a aussi augmenté au fil de ces années, le pourcentage des dépenses liées aux énergie a diminué pour se stabiliser aux alentours des 7 – 7,5%. Par conséquent, rapportée à ce que nous gagnons, l’énergie vaut de moins en moins cher !

Jusqu’ici, nous avons analysé dans les graphiques précédents l’évolution globale du prix du pétrole au cours des dernières dizaines d’années sans vraiment expliquer les événements ponctuels qui influencent considérablement le prix du pétrole : les chocs pétroliers.

Les conséquences d’un choc pétrolier se traduit par une hausse générale des prix du fait de l’omniprésence des produits pétroliers dans tous les secteurs de la société et une diminution de l’activité économique.

On reprendra le sujet dans les deux dernières publications afin de discuter du futur de la production du pétrole ainsi que la vision d’un grand groupe pétrolier de la situation future.

 

 

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