La plateforme de revente de vêtements et d’accessoires d’occasion Vinted a, à priori, tout pour séduire. Un logo vert, un slogan accrocheur (« Tu ne le portes plus ? Vends-le ! », ainsi qu’un mode de fonctionnement atypique. En effet, elle n’est qu’un simple intermédiaire, l’acteur principal étant le vendeur-particulier lui-même. La promesse, quant à elle, est authentique : contribuer à réduire l’impact environnemental de l’industrie de la mode, en achetant ou en vendant sur la plateforme. Un paradoxe flagrant : la consommation de bien et la protection de l’environnement sont en effet antinomique. Il s’agit d’approfondir la question.

Une plateforme au succès remarquable

 

Créée en 2008 en Lituanie, elle connait tout d’abord des années difficiles, jusqu’en 2016. Après une levée de plusieurs millions de dollars et une campagne de publicité musclée sur les réseaux sociaux, elle devient une licorne en 2019. Devenir une licorne signifie pour une entreprise, être valorisée à plus d’un milliard de dollars. Première interrogation : peut-on s’affirmer comme acteur pour une transition écologique en étant une start-up florissante ?

 

Si il est possible d’en douter, il ne faut pour autant pas voir le mal partout, comme l’a confirmé Patagonia en reversant l’intégralité de son capital à des actions pour la protection de la planète. Si une étude en 2019 a montré que les français étaient de plus en plus attirés par la seconde main, cela ne veut pas dire que les raisons sont bonnes.

Une promesse vidée de sa substance

 

En effet, Vinted permettrait au fond de résoudre un problème social et non écologique. Les utilisateurs se soucient plus de la future bonne affaire réalisée que de l’acte réfléchi d’achat responsable. Vinted reste une plateforme d’achat revente classique, permettant en plus à la fast-fashion de persister. Ce terme désigne toutes les marques de prêt-à-porter bon marché, dont les collections sont renouvelées constamment. La plateforme encourage aussi la consommation massive de ces biens utilisés peu de fois.

De plus, l’offre attractive de Vinted augmente toujours plus la consommation de Data ou encore l’envoi physique à travers l’Europe. Ainsi, toute une chaine logistique est mise à disposition, engendrant pollution et kilomètres de transport.

Enfin, la numérisation de la plateforme et sa simplicité d’utilisation rend l’acte d’achat moins solennel : si la carte est enregistrée, l’impression que l’on ne paie rien est présente. La fréquence d’achat est alors multipliée, éloignant un peu plus la promesse initial du site.

 

En conclusion, achetez moins, vous avez déjà tout dans vos placards !

 

Sources :

S’habiller écolo ? Pas sur Vinted

Vinted devient une licorne : la plateforme de vente de vêtements pèse désormais plus d’un milliard d’euros

Vinted, Leboncoin… la seconde main est-elle vraiment plus « écolo » que la fast fashion ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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