Selon le baromètre publié par l’Agence BIO en 2018, 61% des français avouent consommer des produits issus de l’agriculture biologique par souci pour la planète. C’est le deuxième critère derrière celui de la santé. Mais est-ce vraiment une solution efficace dans la lutte contre la crise climatique ? La réponse n’est pas si simple.

Le BIO pour la biodiversité

Le BIO contribue indéniablement à la préservation de la biodiversité. La plupart des études sur l’impact des engrais, herbicides et pesticides convergent (Dicks et al. 2018) et montrent un effet positif de ce type d’agriculture sur les plantes, vertébrés et oiseaux. Le BIO contribue également à améliorer la qualité des sols et de l’air, encore une fois grâce à l’abandon des produits chimiques.

Selon la revue Nature Communication, il serait d’ailleurs possible de nourrir 9 milliards d’habitants d’ici 2050 avec 100% de BIO. Il faudrait alors respecter 2 conditions : réduire le gaspillage alimentaire et végétaliser notre alimentation. Cependant, bien que plus naturel, ce scénario nécessiterait entre 16% et 33% de surface agricole supplémentaire. Cela entraînerait davantage de déforestation, déjà trop importante aujourd’hui. En contrepartie, la consommation d’énergie pour l’agriculture diminuerait sensiblement.

Un bilan mitigé

Alors quel est le bilan ? La réponse n’est pas si simple, et les études divergent à ce sujet. Une autre étude de la sérieuse revue Nature communication, reprise par le MIT (Smith et al., 2019) montre que le bilan global tendrait vers une augmentation des émissions. D’une part, le BIO aide à la capture du carbone, son cycle étant dépendant de la qualité des sols qui augmente avec l’agriculture biologique. D’autre part, ce cycle du carbone dépend également des plantes, qui capturent le CO2, mais dont la surface diminuerait.

Il faut alors penser au delà de ce simple bilan. Si nos modes de consommation ne changent pas, le BIO semble en effet une mauvaise solution pour la réduction des gaz à effet de serre. Mais cette transition vers l’agriculture biologique doit s’accompagner d’une réduction de la consommation de viande, de poisson et de produits laitiers. C’est par un changement global que l’impact se fera ressentir.

 

Sources :

FRB :https://www.fondationbiodiversite.fr/je-mange-bio/

Dicks, L.V., Ashpole, J.E., Dänhardt, J., James, K., Jönsson, A., Randall, N., Showler, D.A., Smith, R.K., Turpie, S., Williams D.R. & Sutherland, W.J. (2018) Farmland Conservation Pages 245-284 in: W.J. Sutherland, L.V. Dicks, N. Ockendon, S.O. Petrovan & R.K. Smith (eds) What Works in Conservation 2018. Open Book Publishers, Cambridge, UK.

Smith, L. G., Kirk, G. J. D., Jones, P. J. et Williams, A. G. (2019). The greenhouse gas impacts of converting food production in England and Wales to organic methods. Nature Communications, 10(1), 4641. https://doi.org/10.1038/s41467-019-12622-7

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