Il semble impossible aujourd’hui de se passer de connexion. Internet est devenu un besoin, dont on ne pourrait – paraît-il – plus se passer. Pourtant, comme pour toutes nos activités humaines, ce besoin n’est absolument pas neutre pour la planète. Le numérique, tout compris, produit 4% des GES dans le monde, soit 2.5% de notre empreinte nationale (sources 1 et 2), et pourrait augmenter de 60% d’ici à 2040 pour atteindre 6.7% au niveau des GES français (source 3). De plus, le numérique consomme aussi 10% de notre électricité.

A faire dès à présent pour notre utilisation quotidienne du numérique:

Plusieurs actions sont possibles dès à présent pour limiter notre empreinte numérique, telles que :

– limiter le nombre d’objets connectés (par mutualisation des services numériques pour les logements collectifs, pour éviter d’atteindre les 48 milliards d’objets connectés en 2025…),
– réduire la taille des écrans pour un gain de matière évident (notamment pour nos télés connectées, en passant aux vidéos-projecteurs LED?),
– allonger la durée de vie de nos terminaux (de fait ou réglementairement, avec des garanties pour le réemploi, etc…)
– ou éco-concevoir les services numériques (source 4) (en réduisant la bande passante nécessaire pour les services courant).

Selon Green IT (source 2), ces efforts permettraient de réduire nos émission de GES de 27% et de faire une économie d’eau de l’ordre de 52%. L’empreinte serait donc limitée au niveau de 2018, en absorbant 1.1 milliards de nouveaux utilisateurs. Ce qui est bien, mais pas suffisant pour atteindre l’objectif fixé à 2 tonnes eq. CO2 par personne. Nos usages doivent être divisés par quatre…

Low-tech à mettre en place pour l’avenir numérique ?

L’idée de low-tech numérique peut nous aider à respecter notre besoin de sobriété (source 5). Les besoins quotidiens ne nécessitant souvent pas beaucoup plus que la 2G ou qu’un échange de SMS… sans impliquer une trop grande “régression”. Cette approche permet d’envisager sérieusement une décroissance heureuse, nécessaire à tous les niveaux.

La low-tech, vu comme “une démarche et non pas un résultat […] apportant une solution alternative répondant au besoin initial” (définition ADEME), implique de cerner nos besoins pour ne conserver que l’essentiel. Autant dire que dans le numérique, nous en sommes sinon à l’opposé, au mieux très éloigné. Le high-tech règne en maître. La low-tech numérique consiste à ne se servir que des technologies largement éprouvées, simples d’utilisation et qui ne nécessitent que peu de ressources pour leur mise en œuvre. Pérenniser un usage numérique implique de modérer les échanges de données et de fabriquer des terminaux plus simple. C’est le retour de l’écran LCD sur nos téléphones portables, ces derniers pouvant encore téléphoner, mais plus d’enregistrer ou de regarder de vidéos. C’est important d’articuler high-tech et low-tech pour s’assurer de répondre aux besoins “vitaux” des utilisateurs.

“Il y a une efficacité, unique, précieuse, de l’univers numérique. Il ne s’agit pas d’y renoncer” (Philippe Bihouix, Centralien, auteur de “L’âge de la low-tech”).

Pour autant, il faut commencer à réfléchir aux conséquences de nos usages numériques, plutôt que de fantasmer une réalité augmentée. Nous pourrions décider de nous tourner vers la low-tech, l’éco-conception, et de privilégier les basses technologies, pour pouvoir replacer la convivialité, la frugalité et le partage au centre de nos vies, avec une numérisation devenue responsable. Mettre en œuvre ce “pas de côté” – plus qu’une simple œuvre-d’art nantaise – n’est pas si simple et implique aujourd’hui une marginalisation sociale de ceux qui s’y essaient.
Posons-nous des questions: “Quels sont nos besoins réels?”, “Comment y répondre en utilisant le moins de ressources possible?”, […] et retournons à la lecture des articles publiés sur ce blog…

Sources:

1. Shiftproject, Lean ICT: “Pour une sobriété numérique”, octobre 2018, The shift project, pour-une-sobriete-numerique;
2. L’étude Green IT: “Empreinte environnementale du numérique mondiale”, septembre 2019;
3. Sénat, rapport d’information – mission d’information sur “L’empreinte environnementale du numérique”, juin 2020;
4. Collectif conception numérique responsable, “Faire de l’éco-conception de service numérique une filière d’excellence”, Les Echos, 2019;
5. Bordage F., ” Sobriété numérique: les clés pour agir”, Buchet-Chastel, 2019;
6. Infographie « Les low-tech ou l’art du techno-discernement », Arthur Keller et Emilien Bournigal.

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